À la Bon'Aventure
Interview

Presqu’un demi-siècle de souvenirs

Le 4 novembre 2016 après-midi, j’ai interviewé Isabelle, qui est membre du club de lecture organisé par la bibliothèque de la place Cardinal Mercier. C’est par cette activité commune que nous sommes devenues amies.  Originaire de Ganshoren, Isabelle habite depuis maintenant une trentaine d’années avenue de l’Exposition, à Jette.

Au cours de l’interview, Isabelle évoque ses souvenirs et plusieurs choses ou changements qui l’ont marquée ou émue.

L’ âme de Jette

Isabelle aime beaucoup Jette parce que notre commune a une âme. Par là, elle veut dire que malgré l’urbanisation, il y règne une grande convivialité et une certaine poésie due à un souci constant d’embellissement du paysage. En témoigne l’aménagement des parcs Roi Baudoin et des marais de Ganshoren.  Jadis, à l’époque du comté de Jette, tout ce territoire ne formait qu’une entité que le seigneur de Rivieren parcourait à cheval depuis le château des Rivieren  jusqu’à Jette. Quand Isabelle était petite, les enfants pouvaient partir à l’aventure dans tous ces champs et marais. On allait librement de Ganshoren jusqu’au Poelbos et Jette. Le chalet du Laerbeek était en ruine.  Les changements sont apparus dans les années 1960. A cette époque, suite à la demande croissante de logements par les coloniaux qui revenaient du Congo, on a construit un quartier résidentiel à Ganshoren, puis les grands immeubles de l’Avenue de l’Exposition, dans les années 1970.

Quant à la cité des ‘Rivieren’, elle est un peu antérieure et a été construite selon un modèle d’architecture hollandaise.

Le musée

En face du Bois de Dieleghem, avenue Liebrecht n° 31, dans une résidence nommée La Hêtraie, habitait au début des années 2000 un monsieur qui jardinait avec passion et offrait aux passants la vue d’un jardin magnifique. Il nourrissait également des perruches qui s’étaient échappées du parc Méli (Heysel). Il possédait aussi un musée du cheval.  Isabelle se promenait régulièrement dans ce quartier avec son fils âgé à l’époque d’une dizaine d’années.  Elle engageait souvent la conversation avec ce monsieur qui lui avait proposé de visiter le musée avec son petit garçon. Pressée par le brouhaha de la vie quotidienne, elle ne l’a pas fait et  le regrette. Ce monsieur est décédé et toute cette beauté qu’il avait créée dans le quartier a disparu avec lui. Le jardin est en friche, le musée n’existe plus.

Les plaines de jeux

En 1992-1993, il y avait dans le bois de Dieleghem (près de Boule et Bill), une petite école maternelle, Aurore. En 1996, cette école a été rasée. Cette partie du bois a été vendue a des particuliers qui y ont construit leur maison.

Un autre regret est la disparition de la plaine de jeux qui se trouvait près de l’école du Sacré-Coeur, juste à côté de la cour de récréation des maternelles dans le Parc Baudouin, avant le plan d’eau proche de la rue Bonaventure. Il y avait cinq à six bancs sur lesquels les mamans prolongeaient l’après-quatre heures et discutaient pendant que les enfants jouaient sur la plaine de jeux. En tant que mamans, elles n’ont jamais compris pourquoi on avait enlevé cette plaine de jeux.

Isabelle aime beaucoup la plaine de jeux du clos Jecta (près de la pharmacie Mercure). C’est un endroit très tranquille où elle va encore régulièrement se reposer malgré qu’elle n’ait plus de petits enfants.

L’atelier 340

Il y a une trentaine d’années, le propriétaire de la maison qui est actuellement l’Atelier 340 avait aménagé l’endroit comme une plage. Il avait installé des transats et diffusait une musique qui donnait l’impression d’entendre la mer. Il y avait des jets de sable. C’était génial.

La fusion des bibliothèques

Une initiative heureuse a été la fusion des bibliothèques du Boulevard De Smet De Nayer et Cardinal Mercier. Avant la fusion, la bibliothèque de la place Cardinal Mercier était vieillotte et sombre. Bien que ce soit le même endroit, l’atmosphère est beaucoup plus agréable maintenant. Chapeau pour la transformation !

Commerces

L’aspect économique de Jette a changé considérablement depuis 10 ans. Beaucoup de commerces (décoration, …) qui existaient depuis 30 à 35 ans ont disparu et ont été remplacés par des magasins de télécommunication ou des bureaux d’intérim.

Il y avait par exemple une disquaire avenue de Jette qui avait de tous temps été là et adorait son commerce. L’évolution de la société et la disparition des disques l’ont forcée à arrêter il y a une dizaine d’années.Sur la place du Miroir, il ne reste plus que Veritas, qui a toujours existé, la librairie De Boeck et le café du miroir.

A côté de cela, il y a des petits commerces qui tiennent quand même. Une copine de l’école primaire qu’Isabelle avait perdu de vue tient le magasin ‘Chrysalide’ depuis 11 ans, en face du Delhaize de l’avenue Theodor. Isabelle a trouvé chouette de revoir cette amie par hasard dans ce magasin.

La multiculturalité s’installe à Jette. Avec elle apparaissent des petites épiceries avec légumes et fruits qui ne sont pas plus chers qu’aux supermarchés mais souvent meilleurs.

Tram Place du Miroir

Jadis, il y avait un tram qui passait à la Place du Miroir. Il a été supprimé. Ce qui est curieux, c’est qu’actuellement, on reconstruit le tram.

Malheureusement, cette convivialité de Jette souffre à cause de la circulation grandissante. Il y a de plus en plus de voitures et de moins en moins de places de parking.

Mais à mesure que le temps passe, l’aménagement en phases des parcs pour aller de Ganshoren au Heysel compense positivement. Le parc Baudouin appartenait dans le passé aux religieuses du Sacré-Coeur qui l’ont vendu à la commune qui l’a aménagé. Le Molenbeek était souterrain.

Merci.

Un grand merci à Isabelle dont le témoignage touchant a ouvert notre coeur vers une plus grande compréhension de notre quartier! Que cela ne soit que le départ d’une ouverture grandissante qui nous conduise à travers le quartier durable citoyen à une meilleure connaissance de notre quartier, de ses habitants et de son vécu!

5 comments for “Presqu’un demi-siècle de souvenirs

  1. Françoise
    8 novembre 2016 at 21:42

    Oups, oublié d’enregistrer mon premier commentaire 🙁 mais il ne change pas, donc bravo Marie-Cécile, pour ton style, phrases courtes et claires se lit très facilement et rend le tout bien vivant, et pour le contenu car j’en apprends des choses sur l’histoire de Jette :-)C’est vraiment super!

  2. Denis
    20 novembre 2016 at 17:42

    Un texte très touchant, très humain, je suis tout zému, mais j’ai fait mon job quand même 🙂
    Sur le dernier paragraphe, je me suis avancé sur une reformulation que vous gommerez si pas bien : « A mesure que le temps passe… »

  3. 20 novembre 2016 at 17:59

    La première interview ! Ca en Jette !

  4. VALLE Moto Maria
    27 novembre 2016 at 18:55

    Très émouvant cette interview. Beaucoup de changements positifs ou négatifs pour l’ancien Comté de Jette mais les citoyens sont toujours là pour améliorer, embellir, transformer la ville et rapprocher les gens. La convivialité doit faire partie d’un quartier vivant.

  5. NOEL Marie-Cécile
    27 novembre 2016 at 21:11

    Merci. La convivialité doit effectivement faire partie d’un quartier vivant et votre commentaire est encourageant.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *