À la Bon'Aventure
Historique

Mais qui est Bonaventure ?

Tapez « Bonaventure » sur un moteur de recherche et votre ordinateur vous entraînera au Canada. Jette serait-elle jumelée avec un lointain patelin du Saskatchewan? Non. La rue Bonaventure doit son nom à l’un de ses maires (à l’époque, on ne parle pas de bourgmestre) qui dirigea la commune de 1813 jusqu’à sa mort en 1831.

Studieux mais résolument déterminé

Etrange personnage que ce Nicolas Melchiade Bonaventure qui voit le jour à Thionville en 1753. Son père est blessé lors du siège de Maastricht par les troupes françaises. Sa convalescence terminée, il épouse une Tournaisienne et s’installe comme boulanger. Après des études au collège de Metz, le jeune Nicolas entre en faculté de droit à Louvain. Il manquera de s’en faire exclure pour avoir fondé une loge franc-maçonnique. Son diplôme en poche, Nicolas ouvre son cabinet d’avocat à Tournai.

Statiste et conservateur dans l’âme

Pendant la révolution brabançonne, Bonaventure représente Tournai au Congrès Souverain des Etats-Belgique Unis. Administrateur provisoire de sa ville, il s’oppose farouchement à une contribution militaire imposée au Tournaisis. Mais, opportuniste, il siège au sein de l’Administration Centrale et Supérieure de la Belgique.

Une carrière en dents de scie

Il refuse le poste de commissaire à l’administration du département de Jemappes, mais il accepte de présider le tribunal criminel du département de la Dyle. Pour avoir critiqué la politique de vente de biens nationaux du Directoire, il est viré du Conseil des Cinq-Cents. Il devra faire appel à toutes ses relations pour échapper à la déportation. Sa nomination de baron d’Empire sous Napoléon ne suffira pas à l’écarter de la réforme judiciaire de 1811.

Un riche mégalomane

Déchu de nombre de ses prérogatives politiques et judiciaires, Bonaventure s’installe à Jette et se fait élire comme maire. Jouissant de revenus annuels plus que plantureux, estimés à l’époque entre 40 et 50.000 francs-or, et associé dans l’exploitation de mines de charbon à Morlanwelz et Châtelineau, il acquiert les domaines de l’abbaye de Dieleghem, se fait construire un château et aménage un immense jardin à l’anglaise, avec cascades, moulin à eau, ponts romantiques et fontaines… l’actuel parc Roi Baudouin.

A sa mort, ce célibataire excentrique lègue à ses deux soeurs plus de 800ha de propriétés et une fortune évaluée à quelque 2 millions de francs-or.

Que reste-t-il aujourd’hui des réalisations de Nicolas Melchiade Bonaventure? Vous le découvrirez dans un prochain article.

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