À la Bon'Aventure
Historique

L’estaminet de la rue Bonaventure

De tout temps, Jette a abrité de nombreux établissements où la population essentiellement masculine venait consommer les bières typiquement bruxelloises, comme la gueuze, la faro ou la kriek. Au 19ème siècle, on ne parlait pas de cafés – cette boisson ne connaissait pas le succès actuel – mais d’estaminets. Et la rue Bonaventure en abritait un, face au parc Roi Baudouin !

L’essor des laiteries

Dans les communes périphériques du nord de Bruxelles, comme Jette, Ganshoren et Koekelberg, le développement urbain se développait plus lentement qu’au centre de la capitale. La population locale y vivait encore largement de l’agriculture et de l’élevage. Pour écouler une production laitière parfois trop abondante, les fermiers conclurent des accords avec les tenanciers d’estaminet qui, à côté de boissons alcoolisées, ajoutèrent également le lait à leur carte.

Ainsi, on vit apparaître une série de brasseries- laiteries qui attirèrent un nouveau public : des familles avec enfants qui s’installaient à l’extérieur de l’estaminet, à l’ombre de grands arbres, quand la météo le permettait. La concurrence était rude et le public avide de nouveautés n’hésitait pas à comparer les offres, tant au niveau de la carte proposée que de l’infrastructure offerte. Ici, on suggérait des tartines au fromage blanc. Là, des balançoires de fortune faisaient le plaisir des enfants.

La chapelle de Cyrille

A Jette, en dehors du Pannenhuis, la laiterie « A la porte rouge » de Jean Clerens, située au n°159 de la rue Léopold 1er, comptait comme principal concurrent l’estaminet  « In ‘t Kappellekensbosch » de Cyrille De Swaele. Situé en angle de la rue Bonaventure, l’établissement jouissait d’une localisation idéale, en bordure du bois de Dieleghem. Il n’était pas rare que les tireurs à l’arc qui s’entraînaient sur l’actuelle plaine de jeux du bois s’y retrouvent pour évoquer leurs exploits autour d’un bon verre.

Aujourd’hui, l’estaminet a cédé sa place à une habitation familiale, mais a conservé, grâce à une restauration judicieuse et fidèle, tout son charme d’antan. Juchée au sommet de la façade d’angle, la vierge dans sa niche compte à présent les centaines de véhicules qui empruntent quotidiennement cette artère. Cyrille n’est plus là, mais avec un peu d’imagination, on s’attend à le voir trôner fièrement devant son établissement.

7 comments for “L’estaminet de la rue Bonaventure

  1. Marie-Cécile
    2 novembre 2018 at 08:50

    Très chouette article!

    • Roger
      2 novembre 2018 at 16:27

      Félicitations très belle article accompagné de ancienne photos

      • Roland
        4 novembre 2018 at 10:36

        Un grand merci pour votre réaction et votre intérêt. Nous préparons d’autres articles qui, je l’espère, vous séduiront également.

        Roland

    • Roland
      4 novembre 2018 at 10:37

      Merci Marie-Cecile !

  2. Baptiste Buidin
    4 novembre 2018 at 10:17

    Depuis tout petit je me demandais quelle était l’ancienne fonction de cette belle maison… Me voilà fixé ! Merci pour votre article 😉

    • Roland
      4 novembre 2018 at 10:34

      Un grand merci pour votre réaction et votre intérêt pour cet article. Nous en préparons d’autres qui, je l’espère, vous séduiront également.

      Roland

  3. Yolande
    12 novembre 2018 at 15:13

    Merci Roland pour cet article. C’est toujours un bonheur de te lire et de découvrir un morceau de notre histoire populaire.

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