À la Bon'Aventure
Historique

La dynastie des Capart

L’avenue Capart est certainement l’une des plus pittoresques de notre commune. Bordée d’arbres, flanquée de part et d’autre par de belles maisons tapies derrière un petit jardinet, l’avenue s’ouvre majestueusement au départ de la rue Bonaventure par deux superbes immeubles qui se renvoient fidèlement leur image. Mais qui était ce mystérieux Capart ?

Terrain de jeu idéal pour une ribambelle de marmots

1898. Des cris de joie retentissent dans le quartier de Dieleghem. Ils sont poussés par les huit enfants d’Alphonse Capart, un otorhinolaryngologiste réputé, et de son épouse Ida Carbonnelle. Ils partent à la découverte du vaste domaine que leurs parents viennent d’acquérir : le palais abbatial qui a miraculeusement survécu à la Révolution Française, avec ses multiples chambres, ses hauts plafonds et la serre attenante… et surtout le vaste domaine qui s’étend jusqu’au bois du Sacré-Cœur, aujourd’hui bois de Dieleghem. Jusqu’avant la Première Guerre mondiale, la famille Capart y logea 6 mois par an, le restant du temps rue d’Egmont où le docteur recevait ses patients.

Alphonse Capart

Première Guerre mondiale

Louée par la suite à des jésuites qui n’en prirent guère soin, l’abbaye fut laissée dans un piètre état et on y hébergea des enfants traumatisés par la guerre. La pénurie en légumes dans l’après-guerre provoquant la flambée de leur prix sur le marché, les terrains furent transformés en jardin collectif. Mais l’état de la demeure ne cessa de se détériorer et les efforts entrepris par le docteur Capart pour la vendre furent voués à l’échec. Ses descendants ne réussirent à s’en débarrasser qu’en 1929, lorsque l’archevêché de Malines y installa la chapelle provisoire de la paroisse St-Joseph.

Lieu d’hébergement pour orphelins de guerre.

Une urbanisation néfaste pour l’abbaye

Le quartier de Dieleghem s’urbanisa de manière spectaculaire. De nouvelles artères furent tracées, dont la rue Decrée et l’avenue… Capart, financées par la famille. Cette avenue se terminait en cul-de-sac et donnait directement accès au bois du Sacré-Cœur. La transformation profonde du quartier ne profita guère à l’abbaye. Son mur d’enceinte, le porche d’entrée et les communs dans la cour d’honneur furent abattus.

La renaissance de l’abbaye

Le chanoine Deleux qui dirigea la paroisse St-Joseph de 1929 à 1946 aménagea le hall du rez-de-chaussée et le salon annexe en local de culte. L’étage était affecté au logement des prêtres, tandis que d’autres pièces servaient de salles de réunions, de local pour des scouts et de loge pour le concierge.

Aujourd’hui, le bâtiment complètement restauré sert de musée communal et y accueille de nombreuses manifestations culturelles. Alphonse Capart serait bien en peine d’y reconnaître ce que ses enfants appelaient « leur petit écrin de verdure ».

Dans un prochain épisode, vous découvrirez en quoi Capart inspira deux créateurs de bande dessinée célèbres : Hergé et Edgar Paul Jacobs.

1 comment for “La dynastie des Capart

  1. 20 février 2019 at 22:35

    Super sympa comme info

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *