À la Bon'Aventure
Historique

De Jette à Saqqarah, sur les traces des pharaons avec Jean Capart

Né en 1877, Jean Capart a hérité d’Alphonse Capart, son père, une rigueur toute scientifique, une solide corpulence et une barbe bien fournie. Après des études à Notre-Dame de la Paix à Namur, il décroche un diplôme de docteur en droit à l’ULB, mais c’est l’Egypte ancienne qui le fascine. Invité par Gaston Maspero, directeur du Musée Egyptien du Caire, il expose au Congrès des Orientalistes de Paris sa conception de bibliographie exhaustive de l’Egypte.

Entre musée et fouilles sur le terrain

Capart occupera diverses fonctions aux Musées Royaux d’Art et d’Histoire de Bruxelles, dont il prendra la direction en 1925. Pendant près d’un demi-siècle, il aura à cœur de développer la section égyptienne du musée et, grâce à l’aide de généreux mécènes, d’acquérir de nombreuses antiquités absolument remarquables, comme le linteau de Sethi Ier  ou le relief de la reine Tiyi.

Hommage de la philatélie à Jean Capart

A la demande de l’industriel Edouard Empain qui rêve d’édifier une nouvelle Héliopolis sur les vestiges de l’ancienne ville, il entreprend des fouilles qui s’avèreront malheureusement infructueuses. Par contre, en 1905, il fait exhumer dans la nécropole de Saqqarah la majestueuse mastaba de Neferirtenef, qu’il ramènera en Belgique aux frais d’Empain.

Amitié et admiration royales

Son expertise et sa réputation ne cessent de grandir et débordent largement nos frontières. En 1923, il répond à l’invitation de Lord Carnarvon et de Howard Carter pour participer à l’ouverture de la chambre funéraire de Toutankhamon. A cette occasion, il est accompagné du futur roi Léopold III et de la reine Elisabeth. Profitant de l’intérêt de cette dernière pour l’Egypte antique, il obtient la concession du site d’El Kab, qui était dédié au culte de la déesse Nekhet. Il y mettra à jour des temples et un village gréco-romain.

Avec la Reine Elisabeth en Egypte

Un professeur résolument engagé

Capart est l’auteur d’une multitude d’ouvrages sur l’Egypte antique dans lesquels il incitait les archéologues amateurs à se méfier de la datation supposée de certains objets, qui manifestement étaient bien plus récents. En dehors de ses travaux sur le terrain, il mena également une carrière de professeur en égyptologie dans les universités de Liège et de Bruxelles.

En 1940, il se hâta de mettre à l’abri les collections du Musée du Cinquantenaire, mais, dénoncé à la Gestapo par l’égyptologue allemand Hermann Grapow pour sa farouche aversion du national-socialisme, il est déchu de ses fonctions. A la fin de la guerre, il effectuera encore un dernier séjour en Egypte. Jean Capart décédera des suites d’une intervention chirurgicale en 1947, laissant derrière lui une œuvre gigantesque sur une civilisation qui ne cessa jamais de le fasciner.

Héros de bande dessinée ?

Sa physionomie bonhomme, sa barbe touffue et sa corpulence généreuse ont-elles inspiré deux de nos plus célèbres dessinateurs de BD ? En tout cas, on peut le penser quand on voit comment Edgar P. Jacobs a croqué le savoureux personnage du Docteur Grossgrabenstein.

Et que dire du professeur Hippolyte Bergamotte, l’ethnologue des « Sept boules de cristal » qui, sous les crayons d’Hergé, s’extasie devant la momie de Rascar Capac ? Hergé n’était pas avare de jeux de mots. Entre Rascar Capac et Lascar Capart, il n’y a pas grande différence !

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